Carla accouche d’une fille
Et ça nous fait une belle jambe…
Y’en a qu’une, contrairement à certaines rumeurs, il ne faut donc qu’un prénom… On propose Victoire… Victoire de 2012 de Sarkozy-Bruni.
On va voir comment ce non-évènement va être utilisé dans la campagne par la suite.
La gosse sera sans doute une fausse brune, comme sa mère, puisqu’il paraît que les blondes votent à droite (majoritairement et sans blague).
Ceci ravira sans doute le bras gauche du Président. Pour rappel, Carla Bruni est, paraît-il, le côté obscur gauche du Président… Chaque époque l’aile gauche qu’on mérite. L’argument gauchiste de De Gaulle s’appelait Malraux, ce qui avait quand même plus de gueule culturellement parlant qu’une chanteuse de variété moyenne (1). Du coup, l”accroche à gauche n’a jamais eu lieu, j’imagine. Réciproquement, Carla, n’a jamais voté à gauche, et ne le fera pas, car je cite : “J’ai entendu des responsables du Parti socialiste dire la même chose que ceux du Front national. Ça m’a vraiment choquée”.
Vous voyez le niveau ? Ca vous fait rire… ? Jaune ?
Bienvenue, petite fille, dans la famille des amis de la Droite Populaire et du Président, qui stigmatisent les étrangers, comparent les homosexuels a des animaux, veulent la peine de mort, etc, etc, etc… et que ça embête pas maman…
Heureusement que tu vas être élevée dans le même état d’esprit, mieux vaut être con qu’avoir des envies de suicide.
Pour soi-même pas pour les autres bien sûr.
(1) Plus difficile qu’il accouche pendant une campagne présidentielles, par contre…
L’Affaire DSK et le néo-journalisme
Un blog est une mise en forme spécifique de contenu bien connu sur le web. Ce moyen, facile, pratique, est utilisé par un nombre incalculable de personnes (on dépasserait facilement les 100 millions de blogs sur internet). Cette forme est réputée pour la diversité de ses utilisateurs et donc du contenu qu’ils présentent, parfois de grande qualité, le plus souvent médiocre, globalement voire toujours subjectif. Ainsi est-on averti d’emblée en visitant un blog.
Mais certains sites permettent à des individus lambda d’écrire des articles se présentant comme des articles de presse. Ces auteurs n’ont pourtant aucune formation, aucune légitimité, aucun moyen – souvent – d’effectuer un véritable travail de journaliste – ils sont même parfois d’une nullité totale tant sur le fond que sur la forme.
Ceci ne serait pas grave si ces articles n’apparaissaient souvent en première page Google dans les résultats d’actualités, à côté, et même souvent au-dessus, de liens menant à des articles de la presse professionnelle – les recherches quasi-quotidiennes sur l’affaire DSK nous l’ont montré.
Avouons-le, le traitement de la presse professionnelle n’a pas été tout propre sur cette affaire. Informations sans intérêt, incertaines, parfois contradictoires, voire carrément graveleuses et racoleuses, travers soulignés et tournés en ridicule il y a peu par le site “arrêt sur image”.
Il n’empêche.
Prenons quelques exemples de cette fausse-presse internet :
Le premier, très souvent dans les premiers liens Google, se nomme Lepost.fr
Lire les conditions générales du site et son utilisation réelle est assez réjouissant. Le paragraphe sur “La responsabilité de Lepost.fr” commence par : “L’Utilisateur utilise les services du Site à ses risques et périls” et les quatre autres paragraphes énumèrent des cas, précisant que la responsabilité du site n’est pas engagée.
Conditions générales que les utilisateurs ne lisent pas, bien sûr – qui lit les conditions d’utilisation d’un site internet ? La preuve en est la totale liberté que beaucoup prennent dans l’affaire DSK sur la présomption d’innocence, les informations, les images, etc. en complète contradiction avec l’éthique journalistique.
Est-ce à dire que Lepost.fr ne se veut pas une forme nouvelle de presse ? Mais si, mais si… Autant pour Lepost et la forme qu’il propose, autant pour Google qui le place dans les résultats d’actualités, autant pour les utilisateurs du site – et sans doute les lecteurs – ce site est perçu comme quasi-journalistique.
Un exemple pourrait être cet article sur l’affaire DSK, qui, non content d’être mal structuré et bourré de fautes d’orthographe, se moque de la presse professionnelle qualifiée d’inférieure à Lepost.fr. Des professionnels qui, selon l’auteur, pourrait être “ridicules” et “amateurs”.
Le monde à l’envers…
Un autre travers de Lepost.fr est d’autoriser des articles et de censurer après publication. A la vitesse d’internet – surtout sur des questions d’actualités – ceci revient presque à dire qu’il n’y a pas de censure. Juste retour des choses, il y a quelques mois, Lepost.fr a été condamné à 12.000 € en faveur de Flavie Flament : un crétin avait apparemment annoncé la mort de l’animatrice. Lepost.fr a censuré le texte, mais, temps de réaction oblige, le nombre de commentaires prouvait que le “buzz avait déjà frappé” !
Un autre site offre également le même type de service (devenir journaliste sans formation) : Agoravox. Agoravox est un site de pseudo-presse écrite mais aussi de reportage video (agoravox.tv). Agora est le site qui a “révélé” l’affaire Tristane Banon. L’article est toujours en ligne, date de 2008, et affirme beaucoup de choses sans vérification, tenant apparemment les paroles de Mlle Banon pour parole d’évangile. L’auteur cite la “victime” disant qu’elle ignore s’il y a prescription, mais ne vérifie pas lui-même, ce qui n’est pas le plus difficile ; disant qu’un éditeur – Carrière – avait censuré un passage d’un livre de Banon par peur – on sait aujourd’hui qu’il dément cette version ; précisant que Fogiel avait abandonné l’idée d’un passage télé à cause de menaces – on sait aujourd’hui qu’il nie, disant même qu’il avait refusé car doutant, après conversation, des motifs de Mlle Banon.
Mais disons qu’il s’agissait là d’une réaction à chaud.
Plus froidement, un article récent revient sur l’affaire, en accusant la presse professionnelle de faire silence. Le fait que la presse puisse avoir pris des précautions sur une histoire difficilement vérifiable ne semble pas être pour l’auteur la raison qui s’impose d’évidence. Pire, il dit avoir lui-même interrogé des journalistes pros lui ayant répondu qu’ils avaient enquêté et que Mlle Banon devait être mythomane ! De quoi se poser des questions, d’hésiter un tant soit peu à parler d’omerta médiatique injustifiée… Pas pour notre auteur, qui ne s’interroge pas plus sur le fait que Mlle Banon n’a toujours pas porté plainte. Ni qu’elle porte une accusation – la tentative de viol – qui ne correspond pas juridiquement aux faits qu’elle relate. Ni d’ailleurs qu’elle ne peut pas porter plainte, puisque de toute façon, même si c’était le cas, il y aurait, cette fois, prescription. Ne pose pas question non plus un commentaire signé Tristane Banon, ou plutôt une recopie de recopie de commentaire d’un article paru sur le web, l’identité de l’auteur initial étant totalement invérifiable, son contenu initial également. Il est pourtant cité, sans douter- sauf un petit conditionnel, comme étant de la journaliste-romancière malgré les ENAURMES fautes d’orthographe qui émaillent le texte.
Agoravox.tv fait également une interview vidéo, avec retranscription écrite. Ca ne les interroge pas plus, sur Agora, que Mlle Banon ne porte pas plainte mais dit qu’elle va ” écrire sur ce qui s’est passé, sur ce qui s’est mal passé”. Agora retranscrit même sans sourciller qu’elle affirme : “je vais écrire, ça me permettra d’exulter” (exulter : éprouver une joie extrême)…
Bref.
La presse professionnelle n’affiche pas toujours son meilleur visage, certes. A l’heure où elle est en difficulté, en partie à cause de la concurrence du net, des sites de ce type devraient faire l’objet de surveillance et de cadrage légal sous peine de rendre encore plus flou à l’avenir la différence entre professionnel et amateur, vrai et faux, faits vérifiés et rumeur. Et même d’offrir une forme confortable à du média vulgaire qui participerait à l’avancée du populisme ambiant.
Je disais “le néo-journalisme”. Rebaptisons donc ces deux “médias” : Le post-journalisme, et Agoravoxpopuli, au sens négatif, bien sûr.
Bernard Débré, DSK et les autres…

Bernard Debré, du comité National d'Ethique (sans rire !)
Bernard Debré, député UMP, s’était déjà fait remarquer en critiquant Patrick Roy, considérant qu’il avait fait de sa maladie “un spectacle indécent”.
Patrick Roy, vous vous souvenez ? Le type atteint d’un cancer, amaigri, fatigué, ne remplissant plus sa veste rouge, mais poursuivant son idée jusqu’au bout ? Patrick Roy, l’homme qui, avant que la maladie ne l’assassine, s’était exclamé à l’Assemblée Nationale “Je vous aime toutes et tous, la vie est belle”. Toutes et tous, c’est-à-dire, les députés UMP compris, lui qui était socialiste. Il faut une bonne dose de résistance à la morbidité, ou une trop grande proximité avec la mort, ou une trop grande dose de chimio, pour prononcer une telle phrase à l’adresse d’une assemblée contenant un tel pourcentage de profiteurs, de populistes, de physionomies patibulaires…
Puis vient l’affaire DSK. Là, le pourfendeur hautement moral, Bernard Debré, invective le plus bassement un homme avec un mépris pour la présomption d’innocence digne du plus pur populisme et de la pire bassesse. Traitant DSK (Express.fr du 17/05 par exemple) de “déliquant sexuel” “qui devrait se faire soigner”, affirmant que ce genre d’acte avait déjà été perpétré par DSK au Sofitel et que “Les employés étaient sur le point de se révolter. La direction était au courant mais jusque-là n’osait rien dire” – affirmations démenties par Sofitel, que Debré écrase au passage, allons-y ! – cela “depuis plusieurs années”. Il qualifie même l’inculpé “d’escroc intellectuel” et l’accuse de servir l’extrême-droite.
Puis vient l’affaire Tron. Même chose : une horreur, un secrétaire d’état accusé de viol par plusieurs collaboratrices, ce de manière répétée, certaines femmes disant aussi qu’elles évitaient de se retrouver avec lui, etc.
Et… pas de réaction offensée de Mr Debré.
Pas de critique morale…
Pas de crachat, même pas un petit filet de bave… Aurait-il soudain retrouvé l’instinct de la présomption d’innocence ? Ou plutôt notre héros indigné, notre champion de la morale, tout encapé de blanc, n’aurait-il de sermon et de virulence que lorsqu’il s’agit de socialistes ?
En un sens, on le comprendrait presque. En effet, une longue observation de la vie politique m’a fait comprendre que la gauche ne pouvait être immorale sans se renier. La droite, elle, le peut.
Et dernièrement, elle frise l’excès d’immoralité non radarisé…
Et pour ce qui est de favoriser le FN, disons le clairement. Si DSK a fait ce qu’il a fait, oui, sans doute, même si l’acte ne serait pas – ou indirectement – politique. Encore faudrait-il qu’il soit coupable. Alors que Mr Debré, et là, les faits sont prouvés, en ignorant à ce point la présomption d’innocence, pisse sur la justice, pisse sur la démocratie, pisse sur l’éthique politique et sur la morale qu’il prétend incarner. .
Pouvait-on en attendre plus d’un urologue, pardon, d’un membre de l’UMP ?
Je n’ai pas le cancer.
Je vous vomis toutes et tous.
Le monde est, et de plus en plus, une merde infâme.

